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14.05.2013

Dialogue avec Louis Gal­lois au BMF : L’Europe face à la concur­rence mon­diale – une per­s­pec­tive française

Le 13 mai 2013 a commencé la série de conférences « Dialogue avec le BMF » dédiée au sujet de la « compétitivité ». Le secrétaire d’Etat parlementaire Steffen Kampeter a invité Louis Gallois, Commissaire général à l’investissement, à venir s’exprimer au BMF. Jusqu’à fin mai 2012, M. Gallois était PDG d’EADS. Il était auparavant à la tête de la SNCF.

Louis Gallois a présenté son rapport sur la compétitivité au gouvernement français le 5 novembre 2012. Dans ce rapport, il préconise de soumettre l’économie française à un traitement radical et plaide en faveur d’un « choc de confiance ».

Louis Gallois, Commissaire général à l’investissement (à gauche), discute avec le secrétaire d’Etat parlementaire Steffen Kampeter (à droite)
Source:  Ministère fédéral des Finances /Laurence Chaperon

M. Gallois a tenu à préciser qu´il s´exprimait à titre personnel.
Dans son allocution au ministère fédéral des Finances, M. Gallois a estimé que le moment était particulièrement propice à un échange de vues entre la France et l’Allemagne sur la compétitivité en Europe : « Il est de notre devoir de préserver le traité que nos deux pays ont conclu en 1963. C’est la pierre angulaire de l’Europe ». Il a décrit les déséquilibres en matière de compétitivité comme une menace pour l’Europe, précisant que l’unité de l’Europe était liée à la convergence entre les économies européennes.

M. Gallois a poursuivi en évoquant les 35 mesures mises en œuvre par le gouvernement français pour lever les obstacles à la compétitivité. Ces mesures comprennent un crédit d’impôt de 20 milliards d’euros octroyé à toutes les entreprises, la création d’une banque publique d’investissement et d’innovation se concentrant sur les PME, des incitations visant à encourager la coopération entre les instituts publics de recherche et les entreprises, des efforts afin de porter le montant des crédits à l’exportation à un niveau comparable au niveau le plus élevé en Europe, ainsi que des mesures de promotion de l’apprentissage et de la formation. Il a mentionné l’accord historique du 11 janvier 2013 portant sur le marché du travail, qui renforce la flexibilité des contrats à durée indéterminée et qui fournit une plus grande sécurité aux salariés sous contrat à durée déterminée. Il a expliqué que François Hollande avait annoncé un « choc de simplification » visant à réduire la complexité des dispositions légales et réglementaires françaises sur des sujets allant de l’urbanisme à la sécurité alimentaire, en passant par l’environnement.

Au sujet des politiques de coopération en Europe, M. Gallois a déclaré : « Nous devons coopérer au niveau européen afin de coordonner nos efforts en matière de compétitivité et mettre en œuvre nos programmes de manière cohérente dans toute l’Europe. La croissance européenne est essentielle, elle est essentielle pour réduire le chômage, pour aider certains pays à améliorer leur compétitivité et même pour réduire les déficits budgétaires, parce qu’elle génère plus de recettes fiscales et réduit les coûts du chômage. Chaque pays porte sa propre responsabilité en la matière ». Les pays en déficit doivent faire des efforts structurels mais les pays qui enregistrent un excédent du commerce extérieur doivent aussi faire ce qu’ils peuvent pour soutenir la croissance économique en Europe, a-t-il ajouté. Il a précisé que son conseil à l’Allemagne serait d’envisager l’introduction d’un salaire minimum dans les services ou l’agriculture, afin de distribuer du pouvoir d’achat aux tranches à faible revenu de la population.

M. Gallois a poursuivi en proposant des programmes d’investissement afin d’améliorer la compétitivité européenne dans l’intérêt de tous les pays européens, programmes financés par des emprunts obligataires liés à des projets, émis par l’Europe et gérés par une institution telle que la Banque européenne d’investissement. Il a donné des exemples d’investissements compétitifs : un réseau pour les flux numériques, l’interconnexion européenne des réseaux de transport pour l’électricité, l’innovation dans les PME, les énergies renouvelables ou l’éducation et la formation. Il a affirmé que, selon lui, le retour collectif sur les investissements de ce type pourrait être sensiblement plus important que le coût des emprunts.

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