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Coopération franco-allemande

La France est notre par­tenaire primor­dial

„J’espère qu’en matière de politique extérieure et de défense nous allons renforcer la dimension européenne à la suite de toute l’expérience faite, et la France y prendra des responsabilités fortes et d´avenir, c’est sûr » a confié le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, au quotidien économique français Les Echos en marge de son interview commune avec son homologue français Michel Sapin.

Portrait de Dr. Wolfgang Schäuble, ministre fédéral des Finances
Source:  Ministère fédéral des Finances, Photo: Ilja C. Hendel
  • Date 21.03.2016

Les Echos : Monsieur le ministre, ici les commentateurs disent que la Chancelière Angela Merkel ne se sent pas suffisamment soutenue par la France, par François Hollande, par son gouvernement, et qu’elle ne considère plus la France comme un partenaire aussi fort et fiable qu’auparavant. Que leur répondez-vous ?

Wolfgang Schäuble: Je leur réponds qu’ils ont tort. La Chancelière et le gouvernement fédéral allemand savent parfaitement que la France est notre partenaire primordial et que rien ne change en la matière.

Les Echos: Vous avez annoncé sur Europe1, une initiative franco-allemande, forte. Peut-on espérer la voir lancée, avant la fin du quinquennat de François Hollande ?

Wolfgang Schäuble: Une initiative du Président français et de la Chancelière ne doit pas être annoncée par le ministre des Finances. Mais ce que je peux vous dire, c’est que Michel Sapin et moi, en notre qualité de ministres des Finances, nous travaillons tous les jours pour renforcer l’Europe et la zone Euro et, je sais que la Chancelière Angela Merkel travaille de la même façon avec le Président français, au niveau des responsabilités qui sont les leurs, de la même façon qu’ils travaillent tous les deux en ce moment à dégager une ligne commune dans la gestion de la crise des réfugiés et, ce, grâce à d’incessants échanges. Et j’espère qu’en matière de politique extérieure et de défense nous allons renforcer la dimension européenne à la suite de toute l’expérience faite, et la France y prendra des responsabilités fortes et d´avenir, c’est sûr.

Les Echos: La France a entrepris de faire voter par le Parlement une loi sur la réforme du travail. La loi El Khomri, censée assouplir le marché du travail à l’image de ce qui a été fait en Allemagne, suscite beaucoup de débat, y compris au sein de la gauche. Est-ce que ce texte va, pour vous, dans le bon sens?

Wolfgang Schäuble: Je suis avec grande attention le débat en France, et ce n’est pas un secret de dire que nous pensons, en Allemagne, que les réformes du marché du travail contribuent à renforcer la compétitivité économique mais au-delà de ça, je ne crois pas que cela aide le gouvernement de Manuel Valls, dans une situation de négociation difficile, que je donne mon avis personnel sur ces questions.

Les Echos: Est-ce que la fameuse « flexisécurité », dont on parle dans le nord de l’Europe et en Allemagne est, à vos yeux, la solution pour créer des emplois ?

Wolfgang Schäuble: Dans toutes les conférences européennes et internationales, comme le G20, les ministres des Finances rappellent que les réformes structurelles sont la clé de la relance des investissements et donc de davantage de croissance économique. Le monde est en pleine mutation rapide, et ces mutations sont disruptives, et pour cela, il faut bien entendu faire des réformes.

Les Echos: Il y a eu des élections régionales il y a une semaine outre-Rhin où on a assisté à une poussé de la droite populiste, est-ce que pour vous, c’est une tendance qui menace l’Allemagne dans son ensemble?

Wolfgang Schäuble: Nous sommes tout à fait déterminés à répondre à cette menace dans l’œuf, l’afflux massif des réfugiés l’année dernière a déstabilisé la population mais les sondages les plus récents montrent que les Allemands sont de nouveau plus confiants et pensent qu’on va surmonter cette crise, et donc ce mouvement d´extrême-droite va reculer.

Propos recueillis par Fabien Namias, Directeur général d´Europe 1, pour le numéro spécial « La Relève » du quotidien les Echos.

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