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07.12.2018

KfW Capital – nouvelle filiale du groupe ban­caire KfW

  • Le 15 octobre, KfW Capital est devenue opérationnelle en tant que nouvelle filiale du groupe bancaire KfW (Institut de crédit pour la reconstruction).
  • KfW Capital va regrouper et développer la participation de la KfW aux aides nationales dans le domaine du financement du capital-risque et du financement par apport de fonds propres.
  • Les entreprises jeunes et innovantes de tous les secteurs bénéficient des investissements dans des fonds de capital-risque.
  • En même temps, la nouvelle filiale renforcera le marché du capital-risque et des financements par apport de fonds propres et le rendra encore plus attrayant pour les investisseurs privés.

Introduction

KfW Capital est la filiale à 100 % de la KfW, récemment créée pour le financement du capital-risque et le financement par apport de fonds propres. Elle investit dans des fonds de capital-risque et dans des fonds de dettes à risque, avec l’appui du fonds spécial ERP (voir « L’entreprise KfW Capital »). L’objectif de cette entreprise basée à Francfort est de permettre aux jeunes entreprises (technologiques) allemandes innovantes et en forte croissance d’accéder plus facilement au capital pendant leur phase de croissance, grâce à des fonds financièrement plus solides. Son activité se concentrera sur les investissements dans des fonds actifs en Allemagne, qui investiront à leur tour dans des sociétés en phase de croissance. Il est prévu de porter progressivement le volume des engagements à 200 millions d’euros par an d’ici 2020.

Le financement du capital-risque et le financement par apport de fonds propres en Allemagne

Le capital-risque revêt une importance considérable pour la création et la croissance des jeunes entreprises innovantes. Le marché du capital-risque et des fonds propres en Europe et en Allemagne est beaucoup plus petit qu’aux Etats-Unis ou en Israël, par exemple.

Le capital-risque (Venture Capital en anglais)

désigne la participation d’un investisseur dans une jeune entreprise innovante / dans une jeune entreprise qui a besoin de capital pour sa croissance. Les investisseurs en capital-risque deviennent actionnaires et participent ainsi aux opportunités et aux risques du développement de l’entreprise. Ils mettent souvent leur savoir-faire à la disposition des entreprises. Le capital-risque doit être distingué des dettes à risque, une forme de crédit à haut risque que les banques n’accorderaient normalement pas.

Selon les chiffres de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), les Etats-Unis investissent environ douze fois plus de capital-risque que l’Allemagne en termes de produit intérieur brut, c’est-à-dire par rapport à leur performance économique globale. Toutefois, cela s’explique également par le fait que le marché américain est davantage axé sur le marché des capitaux et moins sur les banques, les investissements privés dans les entreprises jouant donc un rôle plus important dans le financement de celles-ci. Selon les statistiques de l’Association fédérale des sociétés allemandes de capital-investissement et de capital-risque, plus d’un milliard d’euros a été investi sur le marché allemand du capital-risque au cours de chacune des deux dernières années.1

Au cours de la dernière législature, le gouvernement fédéral a renforcé le marché allemand du capital-risque par de nombreuses mesures. L’Allemagne occupe aujourd’hui une très bonne place en matière de financement de la phase de démarrage, notamment grâce à de nombreux instruments de financement public. La situation est différente en ce qui concerne le financement du suivi et de la croissance, lorsque les besoins en capitaux des jeunes entreprises peuvent atteindre 50 millions d’euros et plus. Les entreprises de secteurs technologiques à forte intensité de capital sont elles aussi touchées par la trop grande rareté de l’offre de capital-risque. KfW Research estime que le déficit de financement de suivi des jeunes entreprises désireuses de conquérir de nouveaux marchés ou de renforcer leur croissance se situe entre 500 et 600 millions d’euros par an.

Pour les jeunes entreprises allemandes, cela signifie qu’après une création réussie, ces entreprises n’ont souvent pas accès à des capitaux supplémentaires ou qu’elles n’y ont pas accès assez rapidement pour pouvoir se développer et progresser. C’est précisément ce déficit sur le marché que KfW Capital entend réduire sensiblement dans les années à venir, grâce à des investissements ciblés. L’objectif déclaré est de mobiliser des capitaux privés dans le processus : KfW Capital investit au maximum 19,9 % du volume des fonds, et d’autres investisseurs, privés, doivent donc être trouvés. En même temps, la création de KfW Capital exprime la volonté politique de reconnaître l’importance des jeunes entreprises innovantes en Allemagne et de renforcer leur rôle, qui consiste à contribuer à la prospérité et à la croissance économique futures.

Le financement des jeunes entreprises innovantes peut être subdivisé en différentes phases :

  • La phase de création / de financement initial (phase d’amorçage) : l’entreprise a été créée, il existe un risque technologique élevé et les services / produits sont généralement loin d’être prêts pour le marché. Les créateurs utilisent souvent leur propre capital ou celui de leurs amis et de leur famille - les investisseurs providentiels (Business Angels) interviennent aussi souvent financièrement lors de cette phase initiale. Il s’agit d’investisseurs privés qui apportent du capital et du savoir-faire aux jeunes entreprises ;
  • La phase de démarrage : l’entreprise fait son entrée sur le marché pour la première fois et ses propres produits sont fabriqués et distribués ;
  • La phase de suivi et de croissance : l’entreprise s’est établie avec succès sur le marché et veut maintenant croître sur de nouveaux marchés ou avec de nouveaux produits. Les besoins de financement augmentent.

L’entreprise KfW Capital

La création de KfW Capital repose sur une décision adoptée le 29 juin 2017 par le Conseil d’administration de la KfW et correspond aux souhaits du Bundestag (la chambre fédérale des députés) de la 18ème législature. Celui-ci a invité le gouvernement fédéral et la KfW à intensifier sensiblement la participation de cette dernière au financement du capital-risque et au financement par apport de fonds propres et à créer à cette fin une structure permanente et indépendante sur le plan organisationnel.2

KfW Capital existera donc en tant que société indépendante au sein du groupe bancaire KfW. Cela lui permet de se concentrer clairement sur son cœur de métier et d’être au plus près de l’évolution du marché. Les 20 spécialistes de l’équipe de démarrage de KfW Capital peuvent prendre des décisions d’investissement rapidement et de manière professionnelle.

KfW Capital est dirigée par deux directeurs : Jörg Goschin et Alexander Thees, qui apportent des expériences différentes à KfW Capital : Jörg Goschin est lui-même un créateur et un expert en investissement expérimenté, doté d’une connaissance approfondie du marché, d’un vaste savoir-faire professionnel et d’un réseau dense sur le marché du capital-risque. Alexander Thees a occupé depuis 1996 différents postes et depuis 2002 différents postes de direction au sein du groupe bancaire KfW. Il possède de l’expérience en matière de politique commerciale et d’exploitation dans le domaine du financement des PME et des activités de financement structuré. Outre deux représentants de la KfW, un représentant du ministère fédéral des Finances (BMF) et un représentant du ministère fédéral de l’Economie et de l’Energie (BMWi), le conseil de surveillance de KfW Capital comprendra également deux représentants du marché.

KfW Capital investit avec l’appui du fonds spécial ERP. En vertu des dispositions du droit prudentiel, KfW Capital a le statut d’entreprise financière au sens de l’article 1er, paragraphe 3, de la loi allemande sur le crédit (KWG), c’est-à-dire qu’elle peut fournir des financements de fonds propres sous quelque forme que ce soit. En tant que filiale, elle sera intégrée à la gestion des risques de la KfW en tant que société subordonnée au sens de l’article 10a de la KWG (loi allemande sur le crédit). Ses positions de risque seront prises en compte dans le calcul des exigences de fonds propres réglementaires de la KfW.

Le fonds spécial ERP

Depuis 1948, l’économie allemande est soutenue par les ressources financières du fonds spécial ERP (ERP-SV). Ce fonds spécial a été créé à partir des ressources financières du « Plan Marshall » d’aide à la reconstruction de l’économie allemande, le European Recovery Program (ERP). Les revenus générés par ce fonds spécial servent à promouvoir l’économie et profitent en particulier aux petites et moyennes entreprises, qui bénéficient d’une aide sous forme de prêts à faible taux d’intérêt et de fonds propres.

Le modèle économique de KfW Capital

Le modèle économique de KfW Capital consiste à investir dans des fonds de capital-risque et dans des fonds de dettes à risque qui se sont spécialisés dans l’octroi de capital-risque ou de prêts à risque pendant la phase de démarrage ainsi que pendant la phase de suivi et de croissance de jeunes entreprises. KfW Capital investira dans tous les secteurs - dans des fonds de suivi de sociétés de gestion de fonds expérimentées, mais aussi dans des fonds dits nouveaux - c’est-à-dire dans des fonds de sociétés de gestion de fonds récemment créées - afin de développer de cette manière le marché dans son ensemble. KfW Capital ne participera pas directement à la création de jeunes entreprises innovantes et n’accordera pas non plus de prêts.

KfW Capital reprend la participation actuelle de la KfW dans le financement du capital-risque et le financement par apport de fonds propres :

d’une part, il s’agit des investissements existants de la KfW dans les trois générations du fonds pour les créateurs d’entreprises de haute technologie (HTGF), un fonds de démarrage destiné aux entreprises hautement innovantes axées sur la technologie en activité depuis moins d’un an. Les conditions préalables au financement sont les suivantes : des résultats de recherche prometteurs, une base technologique innovante et une situation de marché prometteuse. En plus de fournir des capitaux, le fonds assure l’accompagnement et le soutien nécessaires à la gestion de jeunes entreprises innovantes.

D’autre part, KfW Capital poursuit les investissements de fonds de la KfW réalisés dans le cadre du programme « ERP Venture Capital Fund Investments » lancé en 2015 – lorsque KfW Capital a commencé son activité, il s’agissait de 18 investissements pour un volume de 265 millions d’euros (depuis 2015). En outre, KfW Capital prendra une participation dans le fonds de co-investissement « Coparion », créé en 2016 conjointement avec le ministère de l’Economie et de l’Energie et destiné aux entreprises en phase de démarrage et de croissance.

Les instruments existants d’apport de fonds propres de KfW Capital

Le HTGF intervient avec succès sur le marché depuis plus de 10 ans et est devenu l’instrument de financement d’amorçage le plus important en Allemagne. Depuis 2005, trois fonds HTGF ont été lancés - les fonds I et II sont dotés d’un volume total de 576 millions d’euros. Dans ces deux fonds, la KfW est le deuxième investisseur après le fonds spécial ERP, avec un engagement total de 55 millions d’euros (fonds spécial ERP : 460 millions d’euros). Les fonds I et II impliquent en outre respectivement six et 18 investisseurs et entreprises privés (61 millions d’euros au total). Le troisième fonds a été lancé en 2017 et est doté d’un volume de 316 millions d’euros, dont 106 millions proviennent d’investisseurs privés. Jusqu’à présent, le HTGF a investi environ 320 millions d’euros dans plus de 460 entreprises.

Le programme « ERP Venture Capital Fund Financing » est conçu de telle sorte que KfW Capital puisse participer à des fonds de capital-risque ainsi qu’à des fonds de dettes à risque allemands et européens, avec une participation maximale de 19,99 % et un investissement maximal de 25 millions d’euros. Comme condition préalable à la décision d’investissement de KfW Capital, les fonds doivent investir au moins le montant apporté par KfW Capital en tant qu’investissement propre dans des entreprises technologiques allemandes.

Coparion est un fonds de co-investissement qui, depuis 2016, investit avec des investisseurs privés de premier plan dans de jeunes entreprises technologiques innovantes aux mêmes conditions économiques (pari passu). Le fonds dispose d’un capital de 225 millions d’euros, dont 45 millions d’euros sont détenus par les deux actionnaires de la KfW et 180 millions d’euros, par le fonds spécial ERP. En 2018, le volume augmentera pour atteindre un total de 275 millions d’euros, grâce à un investissement de 50 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement. Le fonds est destiné à soutenir de petites et moyennes entreprises technologiques récemment créées. Celles-ci sont activement accompagnées par Coparion jusqu’à la fin du programme d’investissement. En octobre 2018, le fonds avait réalisé 25 placements.

Perspectives

Tous les programmes sont conçus pour combler les lacunes existantes dans l’offre de financement destinée aux jeunes entreprises innovantes, mais en même temps pour n’évincer aucun participant du marché. Les investissements de KfW Capital dans des fonds sont toujours proratisés et visent à inciter les investisseurs privés, les entreprises ou les investisseurs institutionnels à participer de leur côté à ces fonds. A l’avenir, un examen annuel sera effectué pour déterminer s’il est possible d’augmenter encore le volume des engagements et / ou d’introduire de nouveaux instruments. Ce qui est particulièrement important ici, c’est la capacité du marché à absorber d’autres ressources financières sans entraîner des prix excessifs ou évincer les investisseurs privés. En outre, la capacité actuelle de KfW Capital à supporter les risques et ses progrès dans la mise en place de structures d’organisation et de marché appropriées constituent des critères importants pour la poursuite de ses investissements.

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